La citation du jour

La vérité vit à crédit. Nos pensées et nos croyances passent comme monnaie ayant cours tant que rien ne les fait refuser, exactement comme les billets de banque, tant que personne ne les refuse.

William James

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Activisme (pathologique)

n.m. (angl. activism)

Tendance marquée à recourir à l'action en réponse aux conflits intérieurs ou à une situation externe angoissante, aux dépens d'une réflexion ou du ressenti face à ces évènements.

Clin. L'activisme se distingue de l'Acting-out, notion que l'on retrouve principalement en psychanalyse et psychiatrie, souvent synonyme de passage à l'acte et d'impulsivité. L'activisme est à contrario une disposition durable dans le temps plus proche d'un trait de personnalité que d'un élan sporadique et spontané. En psychologie clinique, il désigne ainsi une tendance à privilégier des activités (l'action) dans le but de lutter contre l'angoisse (issue de conflits psychiques, internes, ou de situations problématiques, externes), aux dépens d'une réflexion ou du ressenti face aux aléas de la vie affective et sociale (rejet de la résolution des conflits par la discussion, la réflexion, et tentatives pour ôter l'impact émotionnel des évènements traumatisants). Cette tendance naturelle comme mécanisme de défense est marquée (i.e. pathologique) lorsqu'elle devient excessive ou exclusive.

On trouve ainsi l'activisme lorsque le patient surinvestit une activité, souvent dans l'espoir "d'oublier" les situations conflictuelles. C'est par exemple la suractivité du personnel médical faisant face à un patient incurable ou en phase terminale. Cela peut également être l'investissement massif dans une activité sportive, de loisir, caritative... d'un employé en proie aux difficultés de son travail, ou à contrario, l'élan systématique vers le travail d'un mari ne pouvant faire face à un environnement familial qui l'oppresse. L'activisme est alors une stratégie d'adaptation à un contexte angoissant, sous la forme d'un dérivatif, subsituant momentanément une occupation, à la pression des conflits émotionnels.

D'ordinaire, l'activisme est une stratégie partagée et non pathologique, menant par ailleurs à l'investissement sur une activité parfois gratifiante, socialement ou affectivement. Le phénomène s'observe également dans les situations courantes de la vie quotidienne où il est fréquement toléré, compris, voire attendu. On considère l'activité substitutrice comme une "soupape de sécurité", quelque chose qui occupe l'esprit "pour ne pas avoir à penser" aux difficultés. Ce mécanisme de défense, s'il prend de l'ampleur (par exemple, lorsqu'il devient systématique ou empêche la résolution des conflits de sorte que le patient s'en trouve en définitive, dans des situations encore plus conflictuelles) devient alors un frein au développement normal et à la gestion des conflits, dont résulte au final une souffrance plus importante. 

On le rencontre de façon ponctuelle lors d'épisodes maniaques, démentiels, de stress (par exemple, deuil), ou comme formation psychologique durable menant à une agitation continuelle ou un surinvestissement parfois inefficace sur des activités entretenant un rapport lointain avec les sources du conflit (notamment, il peut être le moteur de procrastination). Par le fait qu'il puisse être socialement acceptable, l'activisme peut se substituer à une réponse antérieure problématique (par exemple, chez les alcooliques repentis). Les addictions possèdent en effet quelques composantes communes avec l'activisme, ce qui explique la fréquence plus élevée de ce mode de défense chez les anciens  dépendants. L'activisme est par ailleurs fréquemment une réponse à des comportements aux sous-bassements addictifs ou obsessionnels (manger, ou au contraire, ne pas manger, boire, avoir des relations sexuelles en quantité, se droguer...), ou la rationalisation de ces comportements, comme dans le cas de sportifs anorexiques ou de jeunes parents éternellement occupés, débordés par l'angoisse de leur toute nouvelle parentalité.

Psychan. Freud le considère comme la marque d'une décharge d'excitation via l'activité motrice, allant parfois, selon McDougall (1993), jusqu'à l'addiction. L'énergie pulsionnelle est transmise à l'énergie motrice directement de manière à échapper aux désirs ou aux angoisses, par exemple, dans le cas de désir, pour se décharger de pulsions sexuelles, et dans le cas d'angoisse, pour effacer les tensions générées par les conflits émotionnels d'une vie quotidienne problématique ou d'évènements traumatiques.

Certains autres mécanismes de défense lui sont fréquemment liés : chercher l'action au risque d'en oublier de gérer les problèmes du quotidien, ou dans l'espoir de lutter contre des situations pénibles, tout en ayant conscience ou non de l'inutilité de cette agitation, témoigne d'un déni par rapport aux aspects de la réalité qui devraient normalement modérer l'activité. Dans l'activisme altruiste, la recherche de reconnaissance ou le vécu par procuration permet au patient de s'identifier ou de projeter des compétences ou des envies inexprimables dans la vie propre du patient. C'est par exemple, la grand-mère qui, ne pouvant plus ni s'occuper de ses enfants suffisamment âgés, ni trouver dans sa vie quotidienne de palliatif à l'activité antérieure consacrée à sa famille, se rabat sur les petits-enfants pour faire face à l'angoisse de son vieillissement, notamment, faisant suite à sa ménopause.

Dernière mise à jour : ( 22-05-2011 )
 
Hématophagie - hémophagie

n.f. (angl. hematophagy)

Biol. mode de nutrition spécifique consistant en l'absortion du sang d'une autre espèce. Il existe peu d'hématophages chez les vertébrés, la plupart des espèces étant des insectes ectoparasites.

Ce mode de nutrition particulier nécessite un appareil digestif adapté, aussi l'absorption de sang chez les espèces non hématophages est une régime généralement néfaste (comme dans le cas des hommes).

Clin. Symptôme délirant ou paraphile rare consistant en l'ingestion de sang, animal, ou humain, de façon répétée et compulsive.

On confond souvent le terme "hématophage" avec le terme "hémophage", à l'orthographe incorrecte. L'hématophagie chez l'homme se rencontre lors des 3ème et 4ème stades du syndrome de Renfield, parfois sous l'appellation "zoophagie" concernant le 3ème stade (appellation, là encore, également incorrecte) ou vampirisme clinique lors du 4ème stade. L'hématophagie se rencontre également en tant qu'élément d'un délire dans certaines pathologies d'allure psychotique (schizophrénie, bouffée délirante) ou en tant que pratique liée à un environnement culturel spécifique aux mythes (vampiriques, sataniques...).

L'un des réflexes humains lors d'une blessure ou d'une coupure, par exemple au doigt, est de porter spontanément son doigt à la bouche. Ce réflexe se serait entretenu au fil des époques, grâce aux qualités antiseptiques de la salive. Ce comportement amenant à ingérer son propre sang se rencontre fréquemment dans le monde animal : un chien ou un chat blessé a pour habitude de lécher ses blessures. Il arrive,  bien que rarement, chez l'homme, que ce premier contact avec le sang amène un plaisir et des sensations érotiques qui encourageront par la suite la recherche de ce plaisir, par un comportement d'autovampirisme. Ce comportement, à forte connotation sexuelle dans ce cas (Syndrome de Renfield), peut déboucher sur une hématophagie plus régulière, voire compulsive, de sang animal, voire humain.

Dernière mise à jour : ( 10-05-2011 )
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Autovampirisme

n.m (angl. Autovampirism)

Psycho clin. Comportement volontaire rare consistant à ingérer de façon répétée son propre sang. L'autovampirisme se retrouve fréquemment dans les premiers stades du syndrome de Renfield mais également en tant que composante d'un délire d'allure psychotique. Il peut également se rencontrer dans le cadre de la recherche identitaire et culturelle spécifique à la tranche d'âge des adolescents et des jeunes adultes.

L'autovampirisme, à savoir la consommation de façon répétée de son propre sang, est caractéristique du 2ème stade du syndrome de Renfield, tel que proposé et décrit par Noll (1992). Ce stade est une phase de renforcement positif des pulsions sexuelles liées au goût du sang. Il s'accompagne d'automutilation de mieux en mieux contrôlées avec l'expérience qu'acquiert l'autovampire. Dans cette conception, l'autovampirisme s'envisage comme une paraphilie, recherche de satisfaction sexuelle à travers la consommation et le goût du sang. Le comportement d'autovampirisme accompagne alors régulièrement d'autres activités sexuelles telles que la masturbation.

L'autovampirisme se rencontre également dans des pathologies d'allure psychotiques, telles que schizophrénie et bouffées délirantes, dans lesquelles il constitue un symptôme délirant inscrit dans le cadre d'une thématique délirante d'ordre supérieur. Plusieurs cas décrits[1] dans la littérature rapportent un lien avec une angoisse profonde touchant le corps propre de l'individu, dans un contexte paranoïaque de dépersonnalisation, d''hallucination concernant une souillure ou un empoisonnement. L'ingestion du sang est alors considérée par le patient comme une manière de se "purifier". D'autres exemples empreints de culture spécifique aux rites sataniques et vampiriques ont été mis en évidence, dans lesquels l'environnement culturel fournit une base sur laquelle peut s'appuyer un délire plus ou moins intense. Les troubles identitaires sont fréquemment associés à l'acte d'autovampirisme.

L'autovampirisme est enfin sous une forme mineure une pratique partagée par certaines communautés, dans le cadre d'un environnement culturel et identitaire spécifique lié aux différents mythes des vampires, principalement fréquentés par des adolescents et de jeunes adultes, de même que dans certains cas de vampirisme clinique. Dans la majorité des cas, ceux-ci ont bien conscience au fond d'eux-même que le vampire n'existe pas : la pratique est avant tout un signe de ralliement et d'appartenance à un système de pensée et des goûts excentriques. Il arrive néanmoins qu'émergent sur ce terreau culturel, un trouble identitaire profond chez des personnes pour lesquelles la frontière entre le réel et la fiction est floue.

Dans les trois cas, le patient donne généralement une signification mystique au sang et à sa consommation (vol d'énergie vitale, rajeunissement...).On pourra distinguer plusieurs cas d'autovampirisme et comportements proches, tels que l'automutilation pour sucer son propre sang, la perforation artérielle de manière à stocker le sang, pour éventuellement le boire plus tard, et même, dans des cas anecdotiques, la seule contemplation de son propre sang (Kwaver, 1980) ou du sang remplissant une seringue (mis en évidence chez certains drogués par Bartholomew, 1973).

Dernière mise à jour : ( 07-05-2011 )
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Syndrome de Renfield

n.m. (angl. Renfield syndrom)

Psycho clin. & criminologie. Paraphilie caractérisée par la fascination du sang et le plaisir de nature sexuelle tirée de l'absorption ou de la contemplation du sang.

Le syndrome de Renfield est un terme proposé par Richard Noll (1992), basés sur les travaux de Herschel Prins, pour caractériser le fétichisme sanguin rencontré dans de nombreux cas de criminels buveurs de sang. Noll propose de requalifier le vampirisme clinique en Syndrome de Renfield, en l'honneur d'un personnage du roman Dracula de Bram Stocker (1897). Renfield est en effet attiré de façon morbide par le sang, élève des insectes pour les manger, et finit par s'attaquer directement à des animaux pour boire leur sang. Après sa rencontre avec Dracula, il développe l'idée selon laquelle le sang de ses victimes représente une "énergie vitale". Le boire consiste donc à voler cette énergie à son propre profit.

Selon Noll, ce syndrome décrit une paraphilie fétichiste du sang parfois confondue dans les médias et la littérature avec le vampirisme clinique. Le syndrome de Renfield se caractérise néanmoins par sa composante sexuelle. L'auteur décrit 4 stades évolutifs de cette pathologie :

  • 1er stade. Lors d'un évènement accidentel (blessure ouverte, coupure), un enfant goûte son sang, comportement qui lui apporte du plaisir et une excitation érotique intense.
  • 2nd stade. Lors de son développement et principalement à la puberté, l'adolescent recherche de nouveau ce plaisir en l'assimilant à une activité sexuelle, et en l'accompagnant d'autres activités sexuelles, telles que par exemple, la masturbation. Cette recherche s'effectue sur de la nourriture à consistance proche de celle du sang, ou par automutilation et autovampirisme.
  • 3ème stade. Signe avant-coureur d'une tendance à la psychopathie, le "vampire" se met à consommer le sang d'animaux vivants (Hématophagie, terme souvent rencontré sous l'apellation inappropriée "zoophagie") principalement domestiques, du fait de leur proximité), qu'il blesse ou tue, et possiblement, torture.
  • 4ème stade. Le 4ème stade de vampirisme clinique témoigne d'unvéritable fétichisme pour la consommation ou la contemplation de sang, avec excitation sexuelle potentiellement exclusive (aucune autre activité sexuelle ne peut provoquer autant de plaisir). Ce stade peut mener à des comportements en violation avec la loi, comme le vol de sang (par exemple, dans les services hospitaliers), l'agression, voire le meurtre.
 
Plusieurs cas décrits de meurtriers ou d'agresseurs en série dans la littérature criminologique, par exemple ceux de John Haigh "le tueur aux bains d'acide" et Peter Kürten "le Boucher de Dusseldorf" semblent relever de cette pathologie : chacun d'eux a déclaré prendre un plaisir intense à la vue ou à la consommation du sang. Les formes les plus graves et spectaculaires du syndrome de Renfield se caractérisent par un vampirisme clinique, la présence de ce fétichisme sexuel, sur fond de psychopathie, et sont généralement associées à d'autres tendances sadiques ou paraphiles : torture, nécrophilie, cannibalisme.
 
A noter : Le syndrome de Renfield est, selon Noll, une entité clinique à part entière, constituée de symptômes dont celui de vampirisme clinique, dans les stades avancés. Vampirisme et Syndrome de Renfield sont donc deux termes souvent confondus mais représentant deux concepts différents.
Dernière mise à jour : ( 07-05-2011 )
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Vampirisme (Clinique)

n.m. (ang. Clinical Vampirism)

Comportement rare consistant à ingérer de façon répétée le sang d'autrui, à différencier de l'autovampirisme (ingestion de son propre sang) ou de la zoophagie (ingestion d'animaux avec préférence pour le sang - hématophagie). Le vampirisme clinique est caractéristique des formes graves du syndrome de Renfield mais se rencontre également lors de phases délirantes issues de pathologies à caractère psychotique.

Le vampirisme clinique désigne avant tout un symptôme comportemental, généralement associé à une pathologie sous-jacente. Le symptome peut être lié à des aspects culturels et identitaires (notamment, avec le mythe du vampire), peut s'inscrire dans un délire d'ordre supérieur en tant que symptôme attaché à une thématique délirante. On le rencontre également dans sa forme la plus spectaculaire, associé à un plaisir sexuel en tant que paraphilie, sur fond de psychopathie et de trouble identitaire.

Le vampirisme clinique comprend trois composantes : auto-vampirisme, zoophagie (hématophagie) et (exo-)vampirisme clinique. Les cas d'auto-vampirisme sont l'un des premiers stades du syndrome de Renfield, mais se rencontre également de manière anecdotique dans des pathologies pathomimiques telles que le syndrome de Munchausen ou certaines obsessions comportementales et passages à l'acte auto-agressifs (auto-mutilations). La zoophagie, concept qui entraine une certaine confusion (le terme "hématophagie" serait plus approprié), est le troisième stade du syndrome de Renfield. Elle consiste en l'ingestion du sang cru d'animaux, principalement domestiques du fait de leur proximité. Le vampirisme clinique à proprement parler consiste en l'ingestion de sang cru provenant d'autres humains, en dehors de pratiques culturelles avec un partenaire consentant. Il peut alors s'agir de vol de sang, par exemple dans les hôpitaux, d'agressions, voire de meurtre. On rencontre ce symptôme, caractéristique du dernier stade du syndrome de Renfield, dans d'autres pathologies, d'allure psychotique, telles que les troubles borderline, les bouffées délirantes, et principalement dans les délires schizophréniques.

Biologiquement parlant, l'ingestion de sang est un régime néfaste pour l'homme. Outre le délire (souvent issu d'une angoisse par rapport au corps, avec le besoin de voler "l'énergie vitale" ou "purifier son organisme" par l'ingestion du sang d'autrui), le vampirisme peut tirer son origine d'un plaisir sexuel lié à l'absorption ou la contemplation du sang. Il est alors un symptôme de nature fétichiste à forte composante sexuelle, le plaçant comme signe d'une paraphilie (déviance sexuelle), voire d'une psychopathie, lié à une impression de domination et de contrôle de l'autre.

On le confond souvent avec le syndrome de Renfield. Ce dernier est une constellation clinique présentant plusieurs symptômes (dont, dans les formes graves, le vampirisme clinique) obéissant à un schéma évolutif habituel, tandis que le vampirisme clinique peut se retrouver hors du cadre du syndrome de Renfield.

Dernière mise à jour : ( 06-05-2011 )
 
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