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Dysfonctionnement sexuel post ISRS Suggérer par mail
04-12-2008

n.m. (angl. Post-SSRI sexual dysfonction, PSSD)

Dysfonctionnement sexuel faisant suite à un traitement antidépresseur basé sur les inhibiteurs sélectifs de la sérotonine, caractérisé par des dysfonctionnements, généralement une baisse importante, de la libido.

Cette perte peut aller jusqu'à l'anorgasmie ou l'impuissance érectile. La littérature indique qu'il pourrait s'agir d'un effet secondaire à la prise d'antidépresseur ISRS, et probablement un type particulier de syndrome de sevrage. Le dysfonctionnement sexuel ISRS peut durer longtemps après l'arrêt du traitement, et même être définitif. 

Symptomatologie

Le dysfonctionnement sexuel post ISRS est une affection iatrogène, effet secondaire peu commun, de la prise d'inhibiteur sélectif de recapture de sérotonine. Les effets secondaires de ces traitements sur la libido ont pu être décrits en plusieurs occasions, cependant, certains auteurs indiquent qu'ils sont probablement sous-estimés[1]. Toutefois, la prévalence de ce syndrome post-ISRS, pour lequel les symptômes de dysfonctionnement sexuel ne s'arrêtent pas immédiatement après l'arrêt du traitement, n'est pas encore déterminée. 

Une récente étude[2] montre que des 55% des patients initialement traités avec des ISRS, réorientés vers un traitement à l'amineptine, présentent encore après 6 mois, des troubles divers de fonctionnement sexuel, contre 4% des patients initialement traités à l'amineptine (antidépresseur agissant sur la voie dopaminergique). En parallèle, une étude[3] conduite en double-aveugle afin de traiter l'éjaculation précoce, indique que les effets thérapeutiques des ISRS durent bien après l'arrêt du traitement, pour un fort pourcentage des participants. 

Le syndrome post-ISRS est encore peu connu, les trois premiers cas décrits officiellement datant seulement de 2006[4]. Les études se multiplient cependant, motivées par les patients en premier lieu, dont des milliers se sont rassemblés en groupe de discussion et forums spécialisés dans cette affection. Ce syndrome n'est pas encore reconnu officiellement, malgré cette multiplication des études qui en traitent. Aussi la symptomatologie et les caractéristiques cliniques sont-elles encore mal définies. On note cependant comme symptômes possibles :

  • une baisse générale de la libido 
  • une anesthésie génitale
  • priapisme, difficultés érectiles, réduction du volume de la semence. Une étude du Cornell Medical Center de New York suggère également de possibles infertilités dues à une modification de l'ADN des spermatozoïdes.
  • au contraire, des érections persistantes en dehors de toute stimulation sexuelle
  • anorgasmie ou réduction de la sensibilité

Les causes du dysfonctionnement post-ISRS

Les effets à long terme des ISRS étant relativement peu connus, de nombreux praticiens imputent encore systématiquement les dysfonctionnements observés à des causes psychologiques. L'une des hypothèses explicatives envisagées de la symptomatologie tient à la balance chimique cérébrale : la prise d'ISRS modifie les concentrations en neurotransmetteurs dans la synapse. Par rétroaction, cette modification entraine une adaptation du système nerveux (par exemple, modification du nombre de récepteurs). Selon cette hypothèse, cette modification touche essentiellement les voies domapinergiques et sérotoninergiques, haussant les seuils auxquels les neurones vont dépolariser. De ce fait, on assiste à une modification structurale qui, comme dans de nombreux cas de prise de psychotropes, dure longtemps après l'arrêt de la prise, voire, est définitive. Cette hypothèse semble la voie de recherche la plus prometteuse, elle est notamment corroborée par des études faites sur l'animal, montrant qu'une prise d'ISRS précoce et régulière modifie les comportements sexuels à l'âge adulte, de manière relativement persistante[5][6].



Dernière mise à jour : ( 16-01-2009 )
 

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