La citation du jour

Derrière le bébé, il n'y a pas seulement les neuf mois de conception d'un individu, mais les millions d'années de l'espèce !

Henri Piéron
Vocabulaire de la psychologie

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Analogie Suggérer par mail

n.f. (angl. analogy)

Ressemblance entre deux objets de pensée qui sont comparés. Le terme d'objet de pensée recouvre un champ très vaste : il peut s'agir par exemple de deux scènes vues, de deux idées, de deux représentations mais également de deux relations entre plusieurs représentations.

Faire ou reconnaître une analogie consiste à effectuer mentalement un traitement abstractif sur deux objets de pensée afin d'en extraire des propriétés communes, des ressemblances.

cog. Les apports de la logique ont permis de définir un type de traitement cognitif fondé sur la relation entre deux objets de pensée, que l'on extrapole à un troisième. Typiquement, le raisonnement par analogie consiste à examiner une relation entre un objet (de pensée) A et un objet B, puis en déduire un objet D  en appliquant la relation inférée à un quatrième objet C, de telle sorte que :

C est à D ce que A est à B 

Ce traitement analogique implique plusieurs étapes :

  • identifier A, B et C, c'est-à-dire, en tirer une représentation que l'on puisse traiter. Ceci implique généralement que ces représentations sont disponibles en mémoire, ou à partir de traitements, perceptifs ou sur les souvenirs. Dans le cas où les informations doivent être tirées de l'environnement, il est nécessaire, bien entendu, de pouvoir les encoder, c'est-à-dire, s'en former une représentation.
  • inférer une relation existante (R1) entre les représentations de A et de B tel que A soit directement lié à B par cette relation
  • inférer une relation d'ordre plus élevé (R2) du groupe A-B susceptible de correspondre à un autre groupe comprenant le terme C (ici s'élabore l'analogie, entre le groupe A-B et le groupe C-D)
  • projeter la relation R1 sur le terme C pour en déduire le terme D ou sa nature.
 
Un exemple plausible consisterait par exemple en
Piaget est à la psychologie du développement ce que Freud est à ... 
Le raisonnement par analogie consiste alors à déterminer dans un premier temps, que Piaget est un pionnier de la psychologie du développement, puis de chercher de quoi Freud est le pionnier, sachant qu'une ressemblance doit exister entre ce dont Freud est le pionnier, et la psychologie du développement (généralement, il s'agit d'une ressemblance catégorielle). Il s'agit bien entendu ici, de la psychanalyse. On aurait cependant pu trouver d'autres relations, par exemple, que Piaget était professeur de psychologie du développement, et que par conséquent, Freud, lui, était également professeur, mais de médecine. Ceci illustre bien le caractère malléable du résultat selon la première relation que l'on a inférée. Il existe donc généralement une certaine diversité des résultats disponibles avec un raisonnement par analogie, et de nombreux tests en psychologie ne respectent pas ce principe de diversité, en mesurant une réponse stricte qui n'est que le reflet du raisonnement analogique de son auteur, mais pas la seule réponse envisageable. Ceci explique pourquoi on se détourne peu à peu de ce raisonnement analogique pour en étudier les processus plus élémentaires.
 
Les psychologues ont ajouté à ces étapes, le processus d'apprentissage suite à l'analogie, qui facilite la catégorisation des concepts en mémoire (le raisonnement par analogie est ainsi vu comme un organisateur de la pensée) et permet l'application future de cette analogie à d'autres relations et d'autres objets. Le raisonnement par analogie entre donc dans l'ensemble des processus cognitifs qui nous permettent d'abstraire des catégories à partir d'exemples divers rencontrés (catégorisation), et donc de transformer des connaissances spécifiques en représentations prototypiques ou schémas (abstraction et schématisation) qui nous permettront d'aborder plus facilement des situations analogues.
 
éthol. Ressemblances fonctionnelles, comportementales ou organiques entre deux espèces différentes. Ces ressemblances sont essentiellement dues à un phénomène de convergence : lorsque l'environnement est le même, deux espèces différentes ont tendance à évoluer de telle sorte que leurs aspects et comportements vont s'adapter de la même façon. Il n'existe pas toujours plusieurs façons de s'adapter à un environnement, aussi, on trouve des ressemblances interespèces sans que pourtant, il n y'ait de substrat génétique commun à ces comportements. Ceci explique que chez deux espèces différentes, on observe parfois des comportements ou des organisations fonctionnelles et organique semblables, sans que leur ancêtre commun ne les aie présenté. L'analogie en éthologie permet d'expliquer un comportement ou une adaptation d'une espèce, par comparaison avec un comportement ou une adaptation similaire chez une autre espèce.
 
psychométrie. L'un des premiers intérêts de l'analogie, et du raisonnement par analogie, était de lier cette capacité au développement de l'enfant et par là même, à l'intelligence. De nombreux tests psychologiques mesurant des capacités cognitives liées à l'intelligence comportent des tests de raisonnement par analogie (par exemple, le test de la D48). Comparer des objets et en tirer des similitudes est une activité fondamentale du développement cognitif (voir ci-dessus, cog.).
 

Pour en savoir plus : Cours sur le raisonnement par analogie sur psychoweb.fr


Dernière mise à jour : ( 26-11-2009 )
 

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