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Yerkes-Dodson (loi de) E-mail
Tuesday, 24 November 2009
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n.p. (angl. Yerkes-Dodson Law)

La loi de Yerkes-Dodson est une relation empiriquement mise en évidence entre le niveau d'éveil et les performances cognitives : selon cette loi, les performances atteignent un optimum pour un niveau d'éveil modéré, et diminuent tant pour un niveau d'éveil bas que trop élevé.

Par niveau d'éveil, on entend à la fois le niveau de vigilance (activation physiologique) et l'éveil cortical lié à l'activité de la formation réticulée. On présente généralement la loi de Yerkes-Dodson sous l'aspect d'un graphique montrant une courbe en U inversé, reflétant la performance cognitive en fonction du niveau d'éveil (par exemple, la performance à une tâche de barrage de lettres, en fonction de l'heure de la journée à laquelle les sujets ont passé l'épreuve).

Robert Yerkes et John D. Dodson sont à l'origine, en 1908, de l'article(1) présentant le lien entre activité/motivation (arousal) et performance. D'autres recherches (par exemple, Sjöberg, 1968)  sont venues confirmer et affiner la compréhension de ce lien : ainsi, on a montré que le seuil critique est atteint plus vite pour les tâches intellectuelles que physiques, les premières nécessitant concentration dans un environnement calme, tandis que les deuxièmes sont mieux réussies lorsque l'activation physiologique et psychologie est intense.

Selon les tâches et les personnes, la forme même de la courbe peut varier : pour les tâches automatiques ou simples, la performance augmente avec l'état d'éveil, et inversement pour ce qui concerne les tâches complexes. Cette différence due à la complexité de la tâche a amené l'hypothèse d'un double processus expliquant la loi de Yerkes-Dodson : la première partie de la courbe pourrait venir de l'effet activateur de l'éveil, tandis que la seconde partie (diminution des performances) seraient davantage liée à l'effet négatif du stress sur certaines composantes cognitives comme l'attention, la mémoire et le raisonnement. Cependant, le stress est un concept multifactoriel qui n'apporte pas réellement d'explication aux modèles de Yerkes-Dodson.

Easterbrook (1959) propose un modèle explicatif selon lequel l'activation physiologique jouerait directement sur la sélectivité de l'attention : avec un faible niveau d'éveil, de nombreux stimuli non pertinents sont traités, baissant ainsi les performances. A l'inverse, un fort niveau d'éveil durcirait trop la sélectivité de l'attention, amenant à rejeter de nombreux stimuli ou indices pertinents pour la tâche en cours.

La loi de Yerkes-Dodson est désormais considérée comme incomplète mais décrivant approximativement un fait physiologique bien établi.


(1) Dans cet article, Yerkes et Dodson partent de deux hypothèses, qu'ils testent sur des souris : 1 pour une tâche donnée, les performances commencent par croître puis décroître après un optimum, en fonction de la motivation. 2. Plus la tâche est difficile, plus l'optimum est vite atteint. Les souris devaient discriminer deux brillances, la motivation était opérationnalisée par une stimulation électrique.

Yerkes, R. M., Dodson, J. D., (1908). The relation of strength of stimulus to rapidity of habit formation, Journal of Comparative and Neurological Psychology, 18, p 459-482.


Last Updated ( Wednesday, 25 November 2009 )
 

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