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Foule (psychologique)
Friday, 06 November 2009
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 n.f. (angl. crowd)

Groupe important de personnes, caractérisé par la fusion des individualités psychologiques au sein d'une unité mentale, entrainant l'émergence de processus modifiant les réactions individuelles, tels que la déresponsabilisation ou la modification de la sensibilité émotionnelle. Il s'agit d'une entité sociale à part entière dont la formation engendre un nivellement des caractéristiques personnelles, et l'acquisition de nouvelles propriétés.

Si plusieurs auteurs comme Gabriel Tarde et Augustin Hamon se sont intéressés dès la fin du 19ème siècle aux caractéristiques de groupes ou d'institutions particulières, Gustave Le Bon est le premier qui tente de cerner le phénomène de foule, sa formation, les processus qu'elle met en oeuvre, ses conséquences tant au niveau de l'individu que de l'entité sociale ainsi créée. Dans son oeuvre "Psychologie des foules" (1895), il souligne la conformisation de diverses individualités vers une unité mentale lorsqu'un regroupement motivé par une même ambition se forme.

Au sens ordinaire, le mot foule représente une réunion d'individus quelconques, quels que soient leur nationalité, leur profession ou leur sexe, quels que soient aussi les hasards qui les rassemblent.
Au point de vue psychologique, l'expression foule prend une signification tout autre. Dans certaines circonstances données, et seulement dans ces circonstances, une agglomération d'hommes possède des caractères nouveaux fort différents de ceux de chaque individu qui la compose. La personnalité consciente s'évanouit, les sentiments et les idées de toutes les unités sont orientés dans une même direction. Il se forme une âme collective, transitoire sans doute, mais présentant des caractères très nets. La collectivité devient alors ce que, faute d'une expression meilleure, j'appellerai une foule organisée, ou, si l'on préfère, une foule psychologique. Elle forme un seul être et se trouve soumise à la loi de l'unité mentale des foules. - Gustave Le Bon. Psychologie des Foules, chapitre 1 (1895)

Le Bon définit dans un premier temps une foule comme un organisme social spontané qui va niveller les comportements sociaux : l'individu possédant sa personnalité propre, va reléguer celle-ci au second plan lorsqu'il intègre une foule, et adhérer aux idées et actions de cette foule comme si elles lui étaient propres. De plus la foule entraine une sensation de toute puissance associée à une déresponsabilisation qui permet à l'individu en foule de laisser libre cours à ses pulsions.

Le Bon analyse au sein de la foule, d'autres caractéristiques, que sont la contagion mentale et la suggestion : la contagion mentale est une forme de conformisme ou d'imitation poussant l'individu à adopter des comportements cohérents avec ceux de sa foule, même si cela va contre son intérêt. La suggestion est une forme d'abolition de la volonté propre : l'individu se laisse entrainer malgré lui vers des buts qui le dépassent et adhère facilement à de nouvelles idées émises au sein de la foule qui l'accueille, sans qu'il n'aie besoin ni réellement possibilité de les confronter à sa réflexion.Opinions et croyances sont ainsi véhiculées et partagées sans réel discernement, ce que Le Bon évoque par ailleurs comme une constante sociale, avec l'aphorisme :

La plupart des hommes sont incapables de se former une opinion personnelle mais le groupe social auquel ils appartiennent leur en fournit de toutes faites.

Ce manque de discernement rend l'individu crédule lorsqu'il se trouve en foule, et explique que les images simples et fortes impressionnent  et vont orienter les comportements de l'individu, tandis que les discours raisonnés n'auront que peu d'effet. Le système de pensée se base alors davantage sur les émotions fondamentales (colère, joie, peur...) que sur la raison. Ce constat n'est pas forcément négatif : une foule peut s'orienter sur des comportements criminels à la suite d'une suggestion du leader ou de l'un des membres, mais peut également obéir à une émotion positive l'amenant jusqu'à l'héroïsme ou le sacrifice. Dans les deux cas, la foule provoque l'exacerbation d'un comportement que l'individu n'aurait probablement pas émis s'il s'était retrouvé seul.

Last Updated ( Friday, 06 November 2009 )
 
Bâtiment malsain (syndrome du)
Thursday, 05 November 2009
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n.m. (angl. Sick building syndrom)

Ensemble de symptômes d'origine inexpliquée, associé à un lieu particulier (lieu de travail, de loisir, immeuble...) et partagé par un nombre important de personnes. Régulièrement, le SBM se propage majoritairement de façon épidémique et s'éteint généralement avec la prise de mesures sanitaires, sans que celles-ci ne traitent forcément l'origine du trouble.

Les causes du syndrome du bâtiment malsain (SBM) restent très mal connues : les caractéristiques communes des cas répertoriés suggèrent l'effet potentiel de nombreux facteurs, sans toutefois qu'on ne puisse les relier avec certitude, aux symptômes. C'est par ailleurs l'une des caractéristiques diagnostiques : le syndrome du bâtiment malsain est évoqué en présence d'une épidémie dont l'origine reste inexpliquée, après exclusion des autres causes potentielles. Cela peut signifier l'inefficacité des moyens mis en oeuvre pour identifier l'origine, mais également la nature psychologique du trouble, sans besoin d'une cause matérielle. En pratique, c'est une conjugaison de facteurs physiques (électromagnétisme, toxicité, pollution...) et psychologiques qui vont fournir une hypothèse explicative liée généralement à l'état du lieu observé (bâtiment neuf, présence de substances jugées potentiellement dangereuses, etc...), l'état des relations socio-affectives des personnes (conflits de travail, stress, défauts de management...) et l'ambiance d'anxiété qui signent généralement la présence d'un SBM.

Parmi les causes évoquées :

  • caractère neuf du bâtiment : selon l'OMS, près de 30% des bâtiments neufs présenteraient dans leur locaux des formes de SBM. Les aspects physiques supposément déclencheur du syndrome concernent principalement les odeurs, le changement de cadre, mais le SBM peut se développer dans un bâtiment répondant fidèlement à toutes les normes en cours.
  • présence d'agents chimiques ou biologiques jugés dangereux : microbes, substances toxiques...
  • présence d'éléments électromagnétiques jugés dangereux : fils électriques ou antennes de relais postées non loin, électricité statique imputée aux matériaux...
  • Pollution de l'air ou mauvaise ventilation
  • etc...

Ces causes concernent les symptômes physiques, essentiellement. D'autres causes de nature psychologiques peuvent être évoquées qui concernent à la fois les symptômes physiques, et la nature de l'épidémie (déclaration, propagation, maintien) : un climat de morosité ou d'anxiété est un facteur de risque. Les personnes stressées, physiquement ou émotionnellement, présentent un risque accru de développer le syndrome, de même que les femmes et les enfants. Généralement, le terrain psychologique présentera des caractéristiques fortement similaires à celles des phénomènes psychogéniques de masse, à tel point qu'on différencie régulièrement ces deux syndromes, uniquement sur la base de la présence effective de facteurs environnementaux potentiellement dangereux (mais dont la dangerosité est peu explicable).

De plus en plus, on reconnaîtra dans le SBM la conjugaison de multiples facteurs physiques, relativement anodins lorsqu'ils sont présents séparément, et amplifiés par des facteurs socio-psychologiques.

Les symptômes physiques sont généralement peu spécifiques d'une étiologie particulière (maux de tête, malaises, irritations), disparaissent rapidement et semblent n'avoir aucune cause médicalement explicable.

Last Updated ( Friday, 06 November 2009 )
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Hystérie collective
Wednesday, 04 November 2009
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n.f. (angl. mass hysteria)

Phénomène d'origine psychogène comprennant des manifestations psychosomatiques réelles, se propageant par contact visuel et sonore à un ensemble de personnes, sur une période de temps limitée.

Le terme est peu à peu abandonné et on lui préfère celui de phénomène psychogénique de masse.

L'hystérie collective présente certaines caractéristiques de l'hystérie comme la suggestibilité, notamment émotionnelle. Les symptômes physiques réels, généralement bénins (rougeurs, maux de têtes, irritations, malaises) vont se propager préférentiellement par la vue et le son, à un ensemble de personnes, évoquant ainsi une épidémie. Dans la majorité des cas, aucun facteur environnemental ne pourra être mis en évidence, bien que les autorités puisse parfois en suggérer un, afin d'atténuer l'ampleur de la propagation et l'inquiétude qui en résulte.

Un terrain anxiogène prédisposant, comme des conflits sur le lieu de travail ou la présence d'un facteur environnemental gênant (mais non nocif, par exemple, une odeur particulière, l'intérêt des médias ou la présence des services sanitaires et sociaux peuvent amener la population à s'inquiéter davantage d'un risque de santé, ce qui peut alors encourager l'épidémie. Femmes, enfants et adolescents sont plus largement touchés, d'autres caractéristiques comme la distribution des nouveaux cas, la labilité des symptômes physiques, peuvent aider à poser le diagnostic(1).

Pour plus d'information, voir phénomène psychogénique de masse.

Last Updated ( Friday, 06 November 2009 )
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Phénomène psychogénique de masse
Wednesday, 04 November 2009
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Trouble d'origine psychologique présentant des manifestations somatiques relativement bénignes, lesquels touchent sur une période retreinte de nombreuses personnes, par mode de propagation sonore et visuel, sans cause organique identifiable. 

Anciennement appelé hystérie collective, le phénomène psychogénique de masse se caractérise par le fait qu'un ensemble de personnes présentent, sur une durée limitée, des symptômes physiques similaires dont la cause matérielle est difficilement décelable voire absente. Les phénomènes psychogéniques de masse présentent plusieurs caractéristiques relativement communes :

  • Un cas index à partir duquel se propage la maladie, par voie sonore et visuelle (suggestion émotionnelle)
  • femmes, enfants, adolescents sont plus volontiers touchés
  • présence d'un facteur anxiogène stressant, souvent sur un lieu de travail prédisposant
  • symptômes physiques aspécifiques, inconstants, bénins (céphalées, rougeurs, malaises..)
  • absence de facteur environnemental déterminant expliquant les symptômes physiques
 
Le phénomène psychogénique de masse est sensible à l'atmosphère angoissante que suscite généralement la présence des médias et des acteurs médicaux et sociaux, face à l'épidémie. L'origine psychogène et l'ampleur du phénomène, associées à la réalité des symptômes physiques, rendent difficile le diagnostic. Celui-ci doit pourtant être évoqué précocément afin d'enrayer la propagation et dédramatiser la situation.
Syn. Syndrome psychogénique de masse, hystérie collective, syndrome du bâtiment malsain, syndrome collectif d'hystérie
Last Updated ( Wednesday, 04 November 2009 )
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Le Bon (Gustave)
Monday, 26 October 2009
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Psychologue, sociologue et anthropologue français (1841-1931), précurseur de la Psychologie Sociale, il étudie notamment la formation et les réactions psychologiques des foules dont il tire son ouvrage le plus célèbre. Il est plus tristement remarqué pour ses travaux concernant la "hiérarchisation des races", théorie soutenue par des études prétendument scientifiques.

Ses travaux considérés comme amateurs par ses détracteurs, pionniers par ses défenseurs, ont profondément influencé la psychologie sociale à tel point qu'on le considère comme l'un des principaux fondateurs de cette discipline. Tour à tour médecin (statut remis en cause par B. Marpeau), anthropologue, sociologue puis psychologue social, Le Bon est un polygraphe, amateur de science et écrivain participant avec vivacité aux débats intellectuels de l'époque (fin du 19ème et début du 20ème siècle).

C'est à l'occasion d'un premier succès, les "Lois psychologiques de l'évolution des peuples" (1894), qu'il évoque une idéologie postérieurement reprochée : ses travaux s'inscrivent visiblement dans une tendance de l'époque à considérer la différenciation, voire la hiérarchisation des races. Pourtant, Le Bon nie l'existence dans les sociétés occidentales, de races "pures", et tente d'expliquer ces races comme des bagages culturels se construisant sur plusieurs siècles, et aboutissant notamment à un défaut de bon sens : les connaissances partagées par la "race" sont difficilement remises en cause car acceptées de fait. Le lien qu'il fait de la culture et de la transmission héréditaire est cependant trop idéologique pour que l'on puisse considérer cette oeuvre comme objective, rigoureuse et scientifique.

L'année suivante, Le Bon publie l'ouvrage qui lui vaudra la célébrité, la "Psychologie des foules" (1895), une analyse de la dynamique (formation, caractéristiques...) des masses humaines et des modifications psychologiques de l'individu pris dans cette masse. Il définit l'unité mentale d'une foule menant à l'abolition de la volonté propre de l'individu qui en fait partie, la suggestibilité et la crédulité que cet individu acquiert au sein de la foule, la déresponsabilisation qui laisse libre cours à ces instincts, la sensation de toute puissance qui exacerbe et excite le comportement des membres de la foule. Cette oeuvre inspirera plusieurs politiciens et manipulateurs de masse, bien que la "Psychologie des foules" ne soit qu'une analyse et non une incitation à la manipulation.

Cette oeuvre est également l'une des premières approches de la psychologie du groupe, montrant les modifications de l'individu dans la masse et la puissance des ces masses humaines dans les changements sociaux.
 
LeBon était également amateur de sciences, relativement polymathe et publia sur de nombreux sujets, allant de l'équitation à la mort apparente, aux voyages en Orient ou à la photographie. Plusieurs de ces oeuvres se sont toutefois révélés douteuses tant sur la rigueur que sur l'idéologie qui les sous tend. Malgré cela, il est considéré comme l'un des précurseurs de la psychologie sociale par l'analyse qu'il fait de l'impact de la foule sur l'homme social.
Last Updated ( Monday, 26 October 2009 )
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